John Rambo

Synopsis :

John Rambo s'est retiré dans le nord de la Thaïlande, où il mène une existence simple dans les montagnes et se tient à l'écart de la guerre civile qui fait rage non loin de là, sur la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar. Il pêche et capture des serpents venimeux pour les vendre.
La violence du monde le rattrape lorsqu'un groupe de volontaires humanitaires mené par Sarah et Michael Bennett vient le trouver pour qu'il les guide jusqu'à un camp de réfugiés auquel ils veulent apporter une aide médicale et de la nourriture. Rambo finit par accepter et leur fait remonter la rivière, vers l'autre côté de la frontière.
Deux semaines plus tard, le pasteur Arthur Marsh lui apprend que les volontaires ne sont pas revenus et que les ambassades refusent de l'aider à les retrouver. Rambo sait mieux que personne ce qu'il faut faire dans ce genre de situation...

Critique :

Après un surprenant Rocky 6, Sly continue son baroud d'honneur, rattrappant avec hargne 10 dernières années de carrière calamiteuses avec la conclusion d'une deuxième franchise qui lui colle à la peau et au coeur : First blood, alias Rambo.

Comme pour Rocky, on pouvait craindre que Stallone profiterait d'une confiance retrouvée chez les producteurs pour tourner plusieurs films marketing en exploitant le filon jusqu'à l'os, mais il n'en est rien (pour l'instant en tous cas, il affirme que c'est le dernier Rambo, espèrons que Sly ne cèdera pas à la tentation). Sa volonté est ici clairement d'en terminer avec un personnage dont le dernier opus était (comme pour Rocky) le plus mauvais de la saga.

John Rambo - Sylvester Stallone

L'action se situe cette fois en Birmanie, terre de sang dont la situation affolante très peu médiatisée est ignorée par le monde entier : le film a au moins le mérite de lever le voile sur cette situation. John Rambo va devoir une nouvelle et dernière fois prendre les armes pour aider un groupe d'humanitaires tombés entre les mains de tortionnaires birmans.

Stallone nous montre la guerre dans toute son horreur, et si certains ont crié au scandale quand aux scènes de violence parfois insoutenable, sa volonté n'en est pas moins de montrer ce qui se passe tous les jours loin de chez nous : les enfants sont égorgés, les petites filles sont violées et quand on massacre quelqu'un le sang gicle, c'est dur à voir mais c'est ce qui se passe dans la réalité. Comment édulcorer des attrocités bien réelles? D'ailleurs les scènes les plus choquantes sont sûrement les archives de reportages sur le génocide au tout début du film : là ce ne sont pas des effets spéciaux et c'est ce qu'on voit aux informations.

John Rambo - Julie Benz et Sylvester Stallone

Le film est donc d'une barbarie rarement égalée mais jamais complaisante, car passer à l'action résulte d'un processus de mise à l'épreuve non voulue à la base par les victimes qui ne font que répondre à la violence par la violence, parce que c'est le monde dans lequel on vit. Encore une fois, ce n'est pas Rambo qui a versé le premier sang, ce qui rapproche ce 4e opus du 1er.

Si Stallone montre une très bonne forme physique pour un homme de 62 ans et un jeu résigné qui colle parfaitement à son personnage, il ne faut pas oublier que c'est aussi lui qui s'occupe de la mise en scène : des cadrages dynamiques, un montage ultra sec et un ensemble sans fioritures qui s'impose comme un des actionners les plus viscéralement barbares et jouissifs de ces 10 dernières années (à ce titre la dernière scène d'action est un monument de déchaînement hallucinant). De l'action pure et dure renvoyant aux canons du genre des années 70-80, qui ravira tous ceux qui ont grandi avec ce genre à l'époque.

John Rambo - Sylvester Stallone

Alors biensûr John Rambo ne surprendra pas les cyniques qui avaient des préjugés sur ce film, car effectivement c'est un film de bourrin, mais pour ceux qui voudront bien y regarder plus près, on y trouvera des pistes de sous lecture intéressantes à plusieurs degrés, montrant un Stallone plus intelligent qu'on veut bien le croire, lucide sur son époque et résigné par le monde d'aujourd'hui.

La dernière image, rappelant brillament le tout début de Rambo 1, boucle la boucle avec brio et donne comme à Rocky Balboa une fin digne de ce personnage mythique et controversé.



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