
Synopsis :
Batman aborde une phase décisive de sa guerre au crime. Avec l'aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, Batman entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville. L'association s'avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : le Joker...



Critique (garantie sans spoiler) :
Depuis le temps que je l'attendais celui-là, je l'ai enfin vu, et en VO !
Passé la frustration du décalage honteux entre la sortie US et la sortie française, il est depuis aujourd'hui possible de se laisser envahir par Batmania, Ô joie !
Difficile de voir The Dark Knight sur Paris ce soir si l'on avait pas pris un minimum de précautions. Les salles affichaient complet uniquement grâce aux réservations par internet, c'est dire l'engouement du public frenchie pour ce qui s'annonce être chez nous aussi une tornade ravageuse.
Avec le buzz de folie parfaitement orchestré depuis plus d'un an, avec les multiples bandes annonces, photos spoilers et autres TV spots, je restais malgré mon grand enthousiasme dubitatif sur la capacité du film à me surprendre. Amis cinéphiles soyez rassurés, quand vous avez vu les bandes annonces, vous n'avez rien vu... le film est au dessus, nettement au dessus de tout ce qui s'est fait en matière de super-héros durant ces dernières années.
Il est peut-être un peu tôt pour tirer des conclusions objectives mais à chaud, je pense que le mot perfection peut lui être attribué (avis partagé par les personnes m'accompagnant et par les applaudissements tonitruants en fin de la séance...les spectateurs étaient debout pour applaudir)
Batman Begins faisait l'introspection du personnage de Bruce Wayne. Le film était très efficace, impressionnant mais restait malgré tout dans une démarche assez classique. Bien qu'il s'agisse de la suite directe, The Dark Knight s'élève sans conteste à de nombreux échelons au dessus pour devenir une référence époustouflante.



Le premier tient dans le scénario en béton armé du film. Il ne s'agit pas d'un film de super héros non...il s'agit d'un film policier de haut rang sur lequel se greffe un personnage pilier qu'est Batman. Dans la construction et l'approche des personnages, certains parallèles avec Heat peuvent être fait. La photographie, la manière de filmer les séquences d'actions et les confrontation entre personnages (dialogue ou combat) demeure nettement supérieure à ce qui a avait été fait précédemment. Nolan alterne habillement entre plans larges, plans serrés, plans à 360 pour nous permettre de savourer chaque séquence du meilleur angle possible.
Le rythme imposé par l'histoire est également l'un des facteurs de réussite du Dark Knight. Malgré les 2h30 au compteur, la tension dramatique grimpe assez rapidement pour ne jamais trouver de repos. Le spectateur est très rapidement mis dans un état quasi hypnotique et absorbe les images avec les yeux et la la jubilation d'un enfant. Jamais dans une salle de cinéma je n'avais entendu les spectateurs aussi réactifs à un film et des petits "waaa, c'est dingue" s'échapper d'ici et là.
Enfin, et maintenant ce n'est plus une surprise, la performance d'Heath Ledger est résolument renversante. Sa dramatique disparation n'est sans doute pas au anodine au succès que rencontre le film mais force est de constater que le Joker est ici simplement prodigieux. Ledger emmène le personnage à un niveau de réalisme, de sadisme et de détraquage que l'on se demande comment il est possible d'arriver à cette perfection de jeu d'acteur. Ici point de réflexion, point de plan machiavélique, point de lubie d'argent, le Joker est un psychopathe et point. Dès lors, on peut considérer que le personnage est un fou furieux assumé, impossible à anticiper et donc à contrôler ce qui en fait toute sa force.
Si le Joker, de part son charisme, rabaisse involontairement les autres acteurs, il faut tout de même saluer les performance individuelles qui permettent au film de jouer dans la cours des très grands.
Oldman occupe une place bien plus importante que dans Begins à l'instar de Rachel, cette fois-ci interprétée par Maggie Gyllenhaal. Christian Bale continue sur sa lancée pour donner à Bruce Wayne/Batman toute l'ambiguïté du personnage. Aaron Eckhart est également l'un des piliers de l'histoire tant dans son rôle de procureur qu'en celui de ...Double Face !


Après une séquence d'introduction plaçant dès les premières minutes la barre très haut, le film se met en place progressivement durant un petit quart d'heure. Ces premières minutes sont un peu curieuses car on ne décèle pas de suite où Nolan souhaite nous emmener. Certains personnages connus sont introduits pour disparaitre bien vite tant et si bien que l'on se sent un peu passif devant une histoire qui nous dépasse.
La structuration narrative revient dès la seconde scène mettant en scène le Joker et à partir de là, la machine de guerre se déploie pour ne jamais s'arrêter.
Malgré un scénario très dense (un second visionnage n'est clairement pas de trop), le film est logique, proprement déroulé, rythmé par des séquences de combats rapprochées et des courses poursuite renversantes de sorte qu'il est quasiment impossible de dire ouf. Les 2h30 passent à la vitesse d'un TGV uniforme et ravageur.
La richesse de l'histoire ne me permet pas de tout évoquer, évocations qui seraient de toutes manière bien vaines tant la qualité du film impose de courir dans votre salle de cinéma le plus proche pour le déguster.
The Dark Knight est sans aucun doute la claque de l'année, puissant, émotionnellement très fort, visuellement bluffant... une bombe cinématographique qui vous donnera des frissons pendant près de deux heures 30. Je ne suis pas certains d'avoir connu pareille sensation au cinéma.



Mon top 5 films préférés toutes catégories confondues vient d'évoluer ce soir...
Le Joker ne sera évidemment pas l'un des méchants de ce futur Batman ce qui limite les chances d'entrevoir Harley Quinn à l'écran

Toutefois, deux noms de bad guys reviennent en ce moment et pas des moindres : Philip Seymour Hoffman en nouveau Pingouin et Johnny Depp sous les traits de l'Homme Mystère.
Il ne faudra pas moins que ces deux monstres du cinéma pour succéder à Ledger et ainsi conclure la trilogie.
Plus d'infos sur ce film
Avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart, ...
Année de production : 2008
