
Synopsis :
Le troisième épisode de la saga La Momie nous transporte cette fois en Asie pour une nouvelle aventure qui verra Rick O'Connell et les siens livrer un combat sans merci à l'Empereur Dragon. Des catacombes de la Chine antique aux sommets de l'Himalaya, l'explorateur intrépide, son jeune fils Alex, sa femme Evelyn et son beau-frère Jonathan affronteront la Momie ressuscitée du plus cruel conquérant de Chine.
Victimes d'une sorcière maléfique, l'Empereur Dragon et ses 5000 soldats ont été relégués pour l'éternité dans les limbes. L'immense armée de terre cuite reposera ainsi durant 2000 ans, oubliée de tous, jusqu'à ce qu'Alex commette l'erreur de réveiller son chef. Pour éviter une vague de méfaits, Rick devra appeler à la rescousse les seules personnes plus habiles que lui à combattre les morts-vivants : sa propre famille...



Critique :
On pourra reprocher beaucoup de choses à Stephen Sommers, mais il avait en tout cas un indéniable sens du spectacle, et une vraie volonté de divertir le spectateur, quitte à en faire trop. Ce n'est malheureusement pas le cas de Rob Cohen, le roi du travelling qui file la gerbe, dont le dernier fait de gloire était le bouseux Furtif.
Alors voilà, c'est officiel, la liste des franchises qu'on aimait coulées en un seul film vient de s'agrandir. C'est désormais la mode, chaque nouveau film qui investit un genre doit comporter un cynisme et une distanciation par rapport au matériau d'origine, puisque ça permet de ne pas prendre de risque. Résultat : personne ne croit à l'histoire qu'il raconte et cherche à en détourner les codes. C'est ainsi que Cohen nous pond un film cynique et moqueur, pendant lequel les protagonistes font des réflexions toutes les 5 minutes (on n'exagère pas!) du genre "ah les momies on ne peut pas leur faire confiance", "je hais les momies", "j'ai eu assez de momies pour la journée", "surtout je ne veux plus voir de momies", etc... Cohen se fout royalement du côté archéologie et croyances ancestrales exploitées en divertissement, il s'en moque à travers les dialogues ridicules, d'une manière ultra lourde et prétentieuse.



En sortant de la séance, une question semble récurente : depuis quand n'a-t-on pas vu un bon film d'aventures sincère et dépaysant au cinéma ? Difficile à dire tant le genre semble être en train de mourir, foudroyé par tant de cynisme de la part des producteurs. Adieu les films bon enfant qui croient à leur sujet et ne prennent pas tout au second degré, même ce bon vieux Indy, archétype même du film d'aventure ultime, s'est laissé aller à un produit bâtard et sans âme.
Pour en revenir au film en lui même, l'histoire est nulle, très loin du premier opus qui tentait de nous raconter quelque chose de "crédible" dans les faits historiques. La progression dramatique est inexistante, on passe d'une scène à une autre sans chercher d'autre explication. La réalisation est à la ramasse, n'exploitant à aucun moment les capacités martiales géniales de Jet Li (une honte !) ce dernier ne se battant qu'à deux courtes reprises en plan serré, ralentis ratés à l'appui, et sans chorégraphie. De manière générale, Jet Li ne sert à rien mis à part dans l'introduction du film. Alors que Arnold Vosloo apportait une véritable dynamique dans les deux premiers volets en Imhotep, la Momie de ce troisième film n'est qu'un prétexte à une histoire bien pauvre, la preuve en est que le personnage n'est à aucun moment véritablement explorer.

Que dire du couple O'Connell, si enfantin et dynamique dans les 2 premiers, réduit ici à deux vieux cons (il n'y a pas d'autre mot !) mous du genou, d'une niaiserie sans nom (il faut voir les blagues à deux balles au début) et préoccupés par leur situation de famille dans des scènes qu'on espérait plus voir au cinéma. Si Brendan Fraser fait ce qu'il peut et semble bien embêté de retrouver un Rick O'Connell si fade, que dire de Mario Bello complètement à côté de la plaque et ultra mauvaise comparée à ce que faisait Rachel Weisz du personnage D'Evy. Si Bello a essayé de copié le style instoré par Weisz au personnage, on peut dire de façon claire et précise que c'est raté de A à Z. Là où Weisz était enfantine, passionnée d'archéologie et indépendante, Bello en fait des tonnes dans la mégère coincée, niaise (voir ses phrases à base de mon chéri mon amour tout le long), et souvent ridicule (la scène ou elle se bat dans le vide contre une momie imaginaire, nous a littéralement tué). Quand au fils, Alex, on dirait plus le frangin de Fraser mais bon...Qui plus est, la relation père-fils est inexistante, il ne s'agit ni plus ni moins que de deux personnages pour lesquels on instaure un pseudo lien de parenté au début et puis basta.
John Hannah est sans doute le seul à retrouver un peu du personnage qu'on connaissait, mais les blagues éculées pendant toutes les scènes d'action ne l'aident pas à sauver ce naufrage général. A ce niveau on atteint le comble du ridicule avec des gags au ras des pâquerettes à l'instar de la scène où un des yétis (oui oui, des yétis !) fait littéralement un drop avec un chinois et saute de joie en faisant un superbe "yeah !" : à partir de là tout porte à croire que les producteurs s'étaient laissés aller à la fumette de moquette.



Les seuls bons points viennent des effets spéciaux impeccables (encore que certains paraissent assez étranges comme lors de la malediction des soldats et l'aspect chocolat qui ressort de leur fonte...), mais ça n'est plus très original aujourd'hui et cela ne sauve surtout pas un film d'aventures.
La Momie 3 n'aurait donc jamais dû exister, ou en tous cas pas pour être tournée en dérision de la sorte par une bande d'irrespectueux du cinéma d'aventures. Oui, ça peut donner envie de pleurer !
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