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Synopsis :
L'agent secret James Bond est appelé à la rescousse pour mettre un terme aux malversations de Blofeld. Ce dernier tente de mettre au point un virus qui mettrait un terme à toute vie végétale sur la planète.

Critique :
A la fois un des Bond les plus intéressants et les plus oubliés de la saga, Au service secret de sa majesté divise très souvent les fans, certains adorent, d'autres détestent. Personnellement je me situe entre les deux, trouvant du bon et du moins bon dans cet intermède à la période Connery.

Au service secret de sa Majesté - George Lazenby

Le meilleur tout d'abord réside dans le scénario, dévoué uniquement à l'espionnage, très proche d'un rythme de récit littéraire, et un de ceux qui dévoilent le plus du personnage même de Bond (avec Casino Royale). On y découvre un Bond en plein doute, lassé de ses aventures, hésitant à quitter le Mi6 pour profiter de la vie, et à se caser avec une femme. Des contradictions retranscrites par une perpétuelle hésitation, et une incapacité à faire des choix définitifs (après avoir donné sa démission, acceptée par son boss, Bond confie à Moneypenny qu'il est vexé qu'on ne le retienne pas plus que ça, acceptant finalement que sa démission se transforme en congés de 15jours. De même, lorsqu'on lui propose de se marier avec la fille d'un homme important et riche, Bond hésite à quitter "la liberté du vieux célibataire"). Au final, Bond se rendra compte que le travail le rattrapera toujours, même lorsqu'il décide d'épouser la seule femme qu'il ait aimée, dans un dénouement surprenant.

Au niveau des bons points on retiendra aussi une réalisation parfois audacieuse, avec des scènes de bagarre plus travaillées que de coutume, avec une recherche de rythme pour rompre avec les bagarres plan plan à la Jean Marais des années 60. Elles sont ainsi montées de manière ultra cut (comme cela se fait souvent aujourd'hui), avec parfois même un esthétisme payant (voir la scène pré-générique en bord de mer dans un coucher de soleil). 

Les décors sont également parmi les plus beaux de la saga (mais par contre pas de tour du monde ici, c'est le seul endroit atypique dans lequel Bond se déplace), avec les montagnes enneigées de Suisse, paysage naturel magnifique bien mis en valeur par l'intrigue qui en exploite les moindres recoins et les cadrages soignés des scènes d'action en pleine nature, et un repère de méchant situé au sommet d'un pic, structure qui existe vraiment me semble-t-il.

Ce méchant est le plus mythique des ennemis de Bond puisqu'il s'agit de Blofeld, l'homme chauve en gris qui caresse toujours son chat et qui avait inspiré la parodie de Mike Myers avec le Docteur Denfer, incrané ici par Telly Savalas, alias Kojak. (Par ailleurs oncle de Jennifer Aniston je crois :p), accompagné de la James Bond girl non moins mythique incarnée par Diana Rigg, Miss chapeau melon et bottes de cuir (à noter que l'on retrouve son collègue Steed dans Amicalement votre)

Au service secret de sa Majesté - Telly Savalas et George Lazenby

Les points faibles sont les risques pris par la mise en scène, notamment au niveau des accélérés beaucoup trop nombreux (c'est le revers de la médaille des tentatives faites pour rythmer les bagarres), et aussi des inserts foireux du visage des héros lors des poursuites à ski (qui seront encore utilisés plus tard dans la saga pour nous faire croire que Roger Moore pourrait battre Herman Maier). Mais il y a aussi la présence de Lazenby dans le rôle de Bond : non pas qu'il soit foncièrement mauvais, mais son charisme n'est pas assez affirmé et il ne marque pas le rôle de son empreinte, de sa griffe, il est presque trop parfait ou trop lisse pour convaincre. Ayant en plus les chevilles qui enflent après cette première apparition, il sera remercié par la prod.

A noter aussi que c'est le seul épisode où le thème du générique se passe de paroles, la chanson du film étant utilisée un peu plus tard dans le long métrage.

Voici donc un Bond intéressant à réhabiliter, qui se laisse regarder ne serait ce que pour ses paysages à couper le souffle et ses décors originaux.

N.B: en ces périodes de fêtes, sachez que c'est le seul Bond où celui-ci vit en live un soir de Noël, qui plus est dans un décor enneigé idéal, essayant de semer ses poursuivants dans un joli marché de Noël de montagne. Si vous aviez envie de conjuguer Bond et réveillon, regardez celui ci! ^^