
Synopsis :
Espagne, 1944. Fin de la guerre.
Carmen, récemment remariée, s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste.
Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu'elle n'est autre que la princesse disparue d'un royaume enchanté.
Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves, que rien ne l'a préparé à affronter...
Critique : Mise à jour.
Très bonne surprise que voici! Après un très bon Blade 2 et un Hellboy décevant ma confiance en Guillermo Dell Toro était quelque peu ébranlée. C'est donc en l'attendant au tournant que j'ai vu hier soir Le labyrinthe de pan (5 novembre 2006).
J'ai été emballé tout simplement parce que je ne m'attendais pas du tout à ce type de film. En effet je croyais que j'allais voir un Narnia plus sombre, un film de monstres et de fées dans l'esprit des Frères Grimm ou d'Alice au pays des merveilles.Ce film va bien au delà de tout ça.


C'est avant tout une oeuvre grave, dure, et assez poingnante.Ca, on ne le saisit pas tout de suite, mais plus le film avance, plus on est fasciné et bouleversé par ce qui se passe sous nos yeux. Dans ce film, il y a 2 histoires parallèles : celle personnelle de la petite héroine, et celle plus générale du monde qui l'entoure. 2 mondes opposés, l'un plein de rêveries et de créatures mystiques, quoiqu'inquiétantes, et l'autre terrible et réaliste : la seconde guerre mondiale et en particulier l'opposition entre les cruels officiers franquistes et une armée rebelle cachée dans les bois.
Pour moi un homme sort du lot : il s'agit de Sergi Lopez (habitué des films français, dont Western et Harry un ami qui vous veut du bien) méconnaissable et vraiment hallucinant en pourriture intégrale, véritable monstre de cruauté et de barbarie. Son interprétation est mémorable et restera dans les annales.


Ce qu'il m'a le plus surpris dans le film, c'est surtout sa dureté : en effet quelques scènes sont à la limite du supportable! Certes le film est interdit aux moins de 12 ans, mais franchement, parfois c'est même un peu trop juste. Je me dis qu'au regard du synopsis beaucoup de parents pourraient y aller avec leur enfant, et je les met en garde à propos de certaines scènes (la scène de la "bouteille", du "crapeau", de la "joue", la "torture",etc...moi qui suis peu impressionable au cinéma j'avoue avoir compris par moment les réactions de la salle).
Et finalement, c'est tout le film lui même qui est dur et poignant, je ne peux en dire plus pour ne point spoiler, mais sachez qu'il va à contre courant de tout ce que l'on a pu voir jusqu'à présent, ce qui en fait un oeuvre foncièrement adulte, ce à quoi je ne m'attendais pas forcément, et qui fait la force du long métrage.
Le film est également d'une grande richesse métaphorique ( par exemple la scène ou Ofélia ouvre le livre magique en demandant ce qui va se passer après, et que l'on voit se dessiner sous nos yeux ce qui est en train d'arriver à sa mère : c'est très fort, et peu de films aux thèmes proches de celui-ci ne vont aussi droit au but : impressionant!) et référencielle, mais malheureusement je n'ai pas une culture assez grande pour pouvoir décrire et analyser les nombreuses sous lectures que l'on peut faire de l'oeuvre.



Le seul point négatif serait un rythme assez lent, mais auquel on s'habitue très vite, et UNE scène assez prévisible (le "raisin").
Le film étant co-produit par Alfonso Cuaron (Les fils de l'homme) on peut dire que le cinéma Mexicain vient de me mettre 2 grosses claques avec ces 2 films!
Le labyrinthe de pan est un très beau film qui mérite le succès, mais à ne mettre que sous des yeux avertis! Courrez-y, vous avez ma parole que vous serez surpris ;)
Avec Ivana Baquero, Sergi López, Doug Jones, ...
Année de production : 2006