
Synopsis :
Dans un monde parfait, Gattaca est un centre d'etudes et de recherches spatiales pour des jeunes gens au patrimoine genetique impeccable. Jerome, candidat ideal, voit sa vie detruite par un accident tandis que Vincent, enfant naturel, reve de partir pour l'espace. Chacun des deux va permettre a l'autre d'obtenir ce qu'il souhaite en dejouant les lois de Gattaca.


Bienvenue à Gattaca fait parti de ces films d’anticipations qui vous marquent très longtemps après l’avoir regardé. Nombre de questions sont posées sur l’évolution de notre société, sur notre acceptation de la différence, sur la volonté à tendre vers la perfection. Qu’en est-il de tout cela ? Peut-on réduire un homme à son simple code génétique ? Quelle est la place du hasard dans notre évolution ? Notre destin est-il tout tracé ? Autant de thèmes qui tiennent à cœur à Andrew Niccol le réalisateur déjà à l’origine de l’excellent Truman Show et réalisateur de SimOne et Lord of War.
En lisant le synopsis, vous vous rendrez rapidement compte de l’ingéniosité du scénario. Seulement en y regardant d’un peu plus près, c’est une vision très noire du futur qu’il nous est donné de voir. Une vision où l’imperfection génétique est considérée comme une tare et où ces « dégénérés » ne peuvent accéder qu’à des emplois peu prestigieux.
Que dire au niveau du film ? La photographie est superbe. Les teintes bleues, vertes et orangés sont omniprésentes et viennent appuyer un esthétisme certains dans chacun des plans. Dans la mesure où nous sommes dans une société futuriste, les décors sont épurés au maximum et les cadrages, souvent en grand angle viennent les mettre en évidence. Ce n’est pas facile à décrire mais simplement avec des positionnements de caméra, Niccol arrive à faire ressentir une ambiance froide, presque sans vie.

Les trois acteurs principaux (Ethan Hawke, Uma Thurman et Jude Law) sont sans exceptions excellents et arrivent à faire ressortir dans leur jeu l’excellence génétique dont ils sont les porteurs. Ils représentent à eux trois l’ensemble du monde. Hawke est « imparfait », Thurman « parfaite et consciente de l’être » et Law s’apparente à un « ex-parfait » que le destin a reconduit au statut d’être normal.
La bande originale composée par Michael Nyman est absolument somptueuse et se boit littéralement. Certainement une des plus belles musiques de films que je connaisse, à la fois forte et émouvante. Mention excellente !
La fin du film est très puissante émotionnellement et s’apparente à une poésie. La mise en relation entre les départs des deux Jérôme (je reste vague volontairement) est sublime. Bien que je connaisse ce film assez bien, je reste à chaque fois scotché à mon fauteuil lors de cette grande séquence.
Bienvenue à Gattaca est un est un film sur la volonté, c’est un film fort, un film beau, un film qui met en garde. Je pense que le terme de chef d’œuvre ne sera pas volé. En un mot, j’adore !